Quand je m’ennuie, je fuis. Quand je suis stressée, je fuis.
Je cours ailleurs, dans le but de me trouver un abri.
Mais le seul refuge, c’est ici.
Et si je restais avec l’inconfort ?
Dans ce cas, je me rendrais compte que ce n’est pas si douloureux.
C’est supportable.
À présent, je sais où et quand cet inconfort me rend visite.
Je le ressens tous les matins, quand une petite voix m’incite à grignoter, alors que je ne veux pas.
Je le ressens l’après-midi, quand je n’ai pas envie de travailler.
Je le ressens la nuit, quand je n’arrive pas à trouver le sommeil.
C’est une pression au niveau de la poitrine. Et aussi dans ma tête.
Voilà. C’est cet inconfort que je fuyais sans cesse durant de nombreuses années.
Or, peut-il bouger mes bras et mes jambes ? Peut-il me forcer à retourner en arrière ?
Non, parce que j’ai conscience de ma propre conscience, alors je suis immunisée.
Ça fait du bien de reprendre contrôle.
Remarque l’inconfort. Quand il surgit, dis-toi: Ah tiens, le voilà !
Apprécie-le. Ok, même si la sensation n’est pas agréable, elle est supportable. Dis-toi que c’est une bonne chose, que ça te rend plus fort.
Laisse tomber. Ne te bats pas contre l’inconfort, ne cherche pas à le fuir. Reste et accepte le fait que tu vas devoir y faire face le lendemain, et après-demain, et le nombre de jours qu’il faudra. Est-ce un cauchemar ? Non, loin de là. C’est en face de la réalité que tu te présentes; c’est sans doute la seule chose que tu connaîtras de toute ta vie.
En d’autres mots, on cherche à fuir le stress, la dépression, et plein d’autres émotions qui nous font sentir tout, sauf bien.
Aujourd’hui, on vit dans une société moderne qui nous fournit tous les besoins. Il est devenu inutile de s’inquiéter niveau survie, comme les humains le faisaient à la préhistoire. La plupart d’entre nous vivons sous un toit, au chaud, avec de l’eau et de l’électricité.
Alors, que nous reste-t-il ?
Une raison de vivre ? Hé bien, ce n’est pas si évident…C’est dur de se réveiller tôt le matin, lorsque rien ne nous oblige à le faire.
Heureusement, il existe plein de distractions pour combler le vide. Tu peux étudier. Tu peux faire un boulot banal, gagner de l’argent. Tu peux surfer sur internet et réagir sur les réseaux sociaux. Tu peux manger plein de biscuits aux nouvelles saveurs stimulantes. Tu peux sociabiliser, parler de tout et de rien, te sentir moins isolé. 24 heures passent. Et ça se répète encore et encore, jusqu’à…ton éventuel décès.
Combler le vide avec plus de vide…
…Et ne jamais se sentir libre, authentique, vivant. Ne jamais découvrir la raison pour laquelle tu existes…
…Au lieu de ça, rechercher le confort et le plaisir, hiberner dans un rêve éveillé pour le restant de ta vie, sans jamais te réveiller.
…Ou bien, te réveiller trop tard, à quelques pas de la mort, et regretter tout ce temps passé à stresser, désespérer, parce que tu croyais que ta vie était éternelle.
Mais ce n’est pas le cas. Les jours paraissent longs mais la vie est courte. Alors, quelle décision vas-tu faire pour le peu de temps qu’il te reste ?
Quelle habitude vas-tu commencer à implémenter pour te sentir bien, réellement bien ?
Quel porte vas-tu ouvrir pour connaître la raison de ton existence ?
À toi de le découvrir.
Mais ce n’est pas en t’adonnant au confort et au plaisir, que tu le sauras.
Une nouvelle fois, j’ai laissé ma conscience s’envoler ailleurs. De ravageuses pensées sont venues à la place. Elles ont envahi les trois-quarts de ma journée, que j’étais sur le point de déclarer vaincue…
Mais j’avais oublié.
Oh, j’avais oublié, j’avais tellement oublié !
L’essentiel était devant mon cœur, mais je ne voyais qu’avec mes yeux.
Et dans mon champ de vision, il n’y avait que du brouillard…
Je croyais que c’était la fin. Je croyais que j’étais malade, mentalement et physiquement. Je l’ai même dit à haute voix, comme si j’étais fière d’être aussi misérable.
Mais j’étais ailleurs. J’étais partout, sauf dans le présent.
Comme c’est dur de ne pas se laisser mastiquer par sa négativité ! On s’engouffre dans une caverne, ça fait du bien d’avoir mal. Mais quand le mal te hante d’une façon si percutante, au point de te donner une migraine, c’est pire qu’un enfer. Aujourd’hui, j’étais en enfer; pas par hasard, mais parce que j’ai fait le choix inconscient de glisser là-bas et d’alimenter le feu…
Mais en ce moment, je suis sereine et c’est ce qui compte. Il est possible d’avoir des perspectives différentes en une seule journée. Le brouillard s’est dissipé, mais pour combien de temps ?
Le temps que ma conscience soit maintenue. Une conscience qui peut s’évader dès la moindre pensée toxique.
Le mensonge: je croyais que j’étais morte.
La vérité: je suis vivante, comme une personne qui se rend compte qu’elle peut guérir.
Ou comme les fleurs qui poussent timidement après une violente averse…
Ta vie en particulier. Parce que, sur l’écran de ton téléphone, tu peux voir que les autres s’amusent. Ils partent en vacances, se réunissent entre amis, ont tous des visages radieux. Mais toi, tu n’es qu’un spectateur…
Un personnage en arrière-plan, un invisible. C’est tout ce que tu seras.
Parfois, tu oublies que tes comparaisons ne tiennent pas la route.
Tu as connu ta vie entière, mais tu n’as qu’un maigre aperçu de celui des autres. C’est le piège des réseaux sociaux. Tu ne sais pas ce qui se trame derrière l’écran. C’est facile de croire que tout le monde a la belle vie. C’est plus dur d’imaginer que la vie des autres n’est pas plus différente de la tienne.
En général, les gens se lèvent et partent au travail ou à l’école. Ils se brossent les dents, se douchent, font leurs besoins. Et ton idole préférée ? Elle aussi va aux toilettes. Elle doit manger, elle doit dormir comme tout le monde. Il y a des moments où elle ne sait pas ce qu’elle fait de sa vie, ni même quel est le sens de la vie. Un peu comme le reste d’entre nous.
Si ma mémoire est bonne, je n’ai jamais voulu être née, mais me voilà. C’est pareil pour tout le monde. Désormais, nous voilà plongés dans la routine de la vie; une rivière qui semble ne jamais s’arrêter.
On répète les mêmes actions tous les jours. Parfois, on décide de briser notre routine, mais c’est rarement une action monumentale. Mieux vaut aller lentement, pour ne pas trop perturber notre système. Une semaine passe, puis un mois, puis un an, puis cinq. C’est le résumé de ta vie.
Ta vie est ennuyeuse. Mais ça ne veut pas dire qu’elle est horrible.
Avant, je me plaignais; je voulais partir à l’autre bout du monde, avoir de nouveaux amis, me refaire une toute nouvelle vie.
Aujourd’hui, je commence peut-être à devenir (légèrement) plus mature, alors je me dis qu’une vie banale, ce n’est pas si mal non plus.
Je me mettrai moins la pression. Puisque ma vie est une routine, j’ai le potentiel de développer une minuscule action qui me rendra un petit peu plus heureuse chaque jour.
Si tu veux éliminer tes addictions, instaurer de bonnes habitudes, apprendre une nouvelle langue ou être moins stressé, commence dès aujourd’hui.
Parce que le futur, c’est ce que tu fais aujourd’hui en continu.
Article inspiré d’une très belle vidéo que j’ai vu sur YouTube: Why your life is so boring (Better Ideas).
Tu n’arrives pas à tenir une bonne habitude ? Pas grave.
Ça ne veut pas dire que tu retournes à la case départ.
Tout l’effort que tu as fait n’est pas fichu en l’air. Il est soigneusement conservé.
Donc, la prochaine fois que tu te relanceras dans cette habitude, ce sera peut-être dur, mais après ton cerveau assimilera cette tâche plus facilement.
Beaucoup plus facilement que si tu venais de commencer…
C’est normal de faire une pause ou même de reculer en arrière.
Ensuite, quand tu te sentiras prêt, tu relèveras lentement ta conscience pour continuer.
Plus tu répètes une action, plus ça se conserve dans la mémoire.
Le soleil frappe à ma vitre et il remplit ma chambre de bonheur. C’est un nouveau jour. Une nouvelle opportunité. Une énième chance de pouvoir incarner notre être humain.
Pendant une vingtaine d’années, j’ai fait le même geste : ouvrir mes yeux après un long sommeil. C’est devenu tellement banal que j’ai pris cette action pour acquise.
Mais il y a quelque chose de magique, lorsqu’on on se réveille et que l’on s’apprête à vivre une toute nouvelle journée. On ne sait jamais à quoi s’attendre, mais on y va quand même, peut-être parce qu’on s’y sent un peu obligé. Et la nuit, on se laisse bercer en anticipant ou bien en appréhendant le lendemain. Parce qu’il n’y a pas eu un seul jour dans notre vie sans lendemain.
Mais quand il vient, la plupart d’entre nous n’y faisons pas attention. On traite le lendemain comme si c’était la veille. Comme si on n’avait pas d’autre choix que de rejouer la même partie, encore et encore.